Les Gamal: « Montrer au monde ce que tu vaux c’est plus passionnant que juste gagner »

A l’approche de leur participation à la grande compétition internationale « World of dance », le 28 juillet à Los Angeles, Les Gamal nous accordent une interview exclusive en toute sincérité.

Wossup : Salut Les Gamal ! Merci d’être parmi nous. Pouvez-vous vous présenter ?

Emerick : Moi c’est Loïck, heu Emerick…

Loïck : Déjà tu te trompes ! (rires)

Emerick : On est jumeaux tu vois, donc même moi je confonds. Non moi c’est Emerick, voici mon frère Loïck. On a 23 ans et nous sommes danseurs professionnels. On est originaires des Antilles françaises, nés en Martinique mais on a vécu toute notre enfance et adolescence en Guadeloupe. Maintenant , nous vivons en France sur Lyon depuis 4 ans.

W: Comment vous vous êtes retrouvés à faire de la danse hip-hop ?

Bin écoute la danse a toujours été en nous d’une certaine manière. On aimait bouger partout et avions énormément de passion pour le sport et l’art (le dessin, la musique et surtout la danse hip-hop). On voyait souvent des  breakers danser dans les rues de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) pendant nos promenades en famille, et ça a poussé encore plus notre passion pour la danse hip-hop!

Notre mère et notre grand-mère étaient motivées pour nous inscrire à des cours de danse mais pas notre père… (Rires) Il avait aussi été danseur (par passion) et on pense qu’il ne voulait pas qu’on prenne cette voie si jeune. Car, pour lui, la danse hip-hop était encore vue comme une danse de voyou… Il avait peur des préjugés certainement. Mais à l’âge de nos 15 ans, il nous a enfin inscrit à des cours (parce qu’on le soûlait énormément avec ça…) à la « School danse », notre première école de danse. En nous voyant courir à nos cours de danse dès qu’on sortait du collège , il a bien compris qu’on aimait énormément la danse.

Les Gamal en compagnie de leur père

Et suite à cela, on a directement créé notre première chorée de 6 minutes. Ça nous a aussi permis de rencontrer beaucoup de danseurs qui nous ont encadrés, d’une certaine manière, au fil des années. Je pense notamment à Masty, Coco, Nomis, Christophe, Octa, Busta, Mcdo, Papyon, Dorian, … et beaucoup d’autres. C’est vraiment des personnes qui nous ont donné envie de nous dépasser et d’aller encore plus loin. … L’esprit Hip Hop quoi « peace love unity and having fun » .

Les 2 années suivantes, on remporte le « 1er prix » des concours académiques « Régional » , « lnter-Caraïbes » et « National » à l’unanimité du jury puis « Européen » avec les félicitations du jury. Après notre BAC, on voulait encore aller plus loin en danse. Du coup, on est venus en France, et on a fréquenté l’école de danse « Polpik » à Bron et fait une formation de 2 ans à « Thony Maskot School » (première école de danse Hip-Hop en France pour futurs professionnels). Aussi, on a bossé beaucoup dans notre coin et devenus ce que nous sommes maintenant.

W: Vos chorées sont techniques et élaborées, d’où vous vient l’inspi et comment vous les créez ?

Je ne sais pas comment, mais tout et n’importe quoi nous inspire (des objets, des personnes, des actions, des bruits, …) consciemment mais aussi inconsciemment.  Tout se fait naturellement par amour. On aime créer et danser ! On est très créatifs et on a chacun notre personnalité. Et donc à deux, on peut construire des choses très complémentaires. Par exemple quand on était encore au lycée, tous les week-ends, on s’entraînait dans notre grand salon, avec une baie vitrée comme miroir. Pour nous l’entraînement c’était de répéter des mouvements et de créer. On a un son qu’on aime bien, viens on va créer quelque chose. Et donc nos premières créations se sont faites dans notre salon, par passion tout simplement. 

Maintenant avec de la maturité, lorsqu’on décide de partir sur de la création, en général, c’est lorsqu’un son nous inspire. A partir de là, on se donne 1 à 2 mois de résidence pour créer une chorégraphie. Après l’inspiration vient ou ne vient pas… c’est pas toujours évident de créer…(rires)

W: Comment réagit votre famille à propos de la danse ?

Ça se passe super bien ! Tout le monde est très fier de nous ! On leur apporte de la joie et de la bonne humeur. Donc ça fait plaisir !!! Puis, c’est aussi la famille qui nous pousse à aller plus loin et qui nous inspire.

« Nos premiers cours de danse comment on était pétés ! »

W: Et le fait de danser ensemble a toujours été une évidence ?

Au début, on était les deux seuls élèves de notre cours de danse. Du coup, le prof faisait des chorégraphies en duo, et donc on a forcément appris certaines formations et une connexion à deux. Après on est jumeaux, maintenant que tu nous poses la question, oui c’est une évidence, oui on est connectés depuis avant même notre naissance, on a la même passion et on partage le même rêve. Donc on ne peut que fonctionner artistiquement ensemble et construire notre carrière à deux. Quand on est à la maison, vas-y viens on danse quoi. Mais faut savoir que pour nos premiers cours de danse, comment on était pétés ! On était nuls de chez nuls ! (Rires)

W: En 2014, vous faites un parcours remarqué dans « Incroyable talent » en franchissant deux étapes. Parlez-nous de cette expérience…

Cette expérience pour nous était une catastrophe (rires) ! Une vraie kalot (claque en créole) ! On était jeunes artistiquement, précoces et pressés. Mais on gagnait tout, donc on s’est dit qu’on pouvait le faire. Et puis notre entourage nous poussait à le faire, sauf notre père qui pensait qu’on n’était pas encore prêts et donc on voulait lui prouver le contraire.

Bon déjà on a vu ce qui se passait derrière la caméra et c’est un peu fake, genre on te demande de refaire un truc parce que ça n’a pas eu le temps d’être filmé, et ça on n’a pas trop aimé. Bref on voyait « Incroyable talent » comme un tremplin, et le fait de montrer à toute la France et aux Antilles qu’on a raté ce tremplin, ça nous a fortement frustrés. Mais au final, cette expérience nous a permis d’être là aujourd’hui et de remonter la pente.

On a pris une tellement belle claque qu’on a poussé encore plus loin notre délire et on a cherché à mieux connaître le milieu urbain en France. Un an après, on est revenus avec un meilleur contenu, et de 2015 à 2017 on a gagné toutes les compets ou battles chorégraphiques auxquelles on participait ( hip-hop KONTEST, big bounce, true school, H Qualityx2, trophée tkf,… et d’autres encore). Et on continue cette année à faire nos preuves. Mais rien ne dit qu’on ne retentera pas Incroyable Talent, et qui sait peut-être dans un autre pays…

« Les Twins on les a déjà rencontrés, entre nous il y a du respect »

W: Autres jumeaux dans la danse hip-hop : Les Twins. Que pensez-vous de leur parcours et est-ce que ça vous saoule qu’on vous compare à eux ?

Loïck : Vas-y je me casse ! (Rires)

Non Les Twins ont un parcours admirable, ce sont les danseurs les plus connus aux monde… donc c’est lourd pour eux.  Après on cherche pas à reproduire le même parcours. Faut dire que quand on a commencé à danser, on ne connaissait pas Les Twins, et quand le prof de danse nous a montré des vidéos d’eux on a trouvé ça archi cool. Mais nous, on veut avoir une identité propre, donc direct on s’est dit « il faut qu’on fasse autre chose qu’eux ». Chacun son univers et son vécu, donc nous on fait différemment qu’eux.

Résultat de recherche d'images pour "les twins"

Malgré ça, on a eu beaucoup de piques et de boycott par rapport à eux, comme quoi «vous copiez Les Twins», ou «on vous fera pas gagner la battle car on n’aime pas les Twins». Mais aujourd’hui, ça ne nous dérange plus car on sait qui on est, Les Twins c’est les Twins, Les Gamal c’est les Gamal. Surtout que Les Twins on les a déjà rencontrés et quand on se voit on se tchek, il y a du respect. Ils nous ont vu danser et les gars ont kiffé de ouf, surtout ils ont vu que ce qu’on fait n’a rien à voir avec eux. Après, Les Twins c’est un sujet qui revient tout le temps car leur étiquette est là, ce sont les danseurs les plus connus. Mais un jour notre étiquette sera derrière eux aussi.

W: Avec quel artiste rêveriez-vous de collaborer et pourquoi ?

Avant d’arriver à ce stade, il faut qu’on soit déjà bien haut. Il faut que quand on danse avec un artiste, les gens disent : « l’artiste et Les Gamal ». On n’aime pas juste danser derrière les chanteurs, parce que bien souvent le danseur travaille autant que le chanteur. Mais vous verrez, on a des projets à venir, on ne peut pas trop en parler mais vous verrez. Sinon on aime beaucoup Kendrick Lamar. Lui c’est un vrai artiste, et que ce soit ses musiques ou ses clips, il nous inspire de ouf. C’est de l’art. Drake aussi nous a grave bercé à l’époque.

Résultat de recherche d'images pour "kendrick lamar"

W: Niveau costumes vous envoyez toujours du lourd. Qui s’occupe de votre look ?

Nous. Après ce serait bien d’avoir quelqu’un parce que ça prend énormément de temps (rires). L’esthétique des tenues c’est très important. On va créer une chorée, et la tenue va venir habiller la chorée, raconter une histoire, créer une ambiance et une atmosphère. Voilà donc si un styliste veut bien nous habiller, contactez nous !

Les Gamal

🎥🎬 Les GAMAL X RED IS DANCING 🎬🎥 the power of brotherhood ! In this dark time we will only survive if we start treating each other as brothers and sisters. Thanks to RED IS DANCING for this beautiful project "Flux sanguin".🌙☀️2 caractère, 1 objectif ☀️🌙Merci RED IS DANCING #lesgamal #redisdancing #tkf #paris #dance #twins #project #fluxsanguin #world

Publiée par Les GAMAL sur Vendredi 27 octobre 2017

W: Vous avez été invités d’honneur au Hit Lokal Awards (grande cérémonie artistique des Antilles), comment vous l’avez vécu ?

Nous étions très surpris de l’invitation. Faut savoir qu’au début, ils nous ont appelé juste pour faire une remise de prix. Mais on ne pouvait pas aller sur la scène du hit lokal et ne pas danser!!!… Ah non! On voulait à tout prix danser !!! …C’est bien beau de nous présenter comme des danseurs…. mais si le public ne nous voit pas danser, ça ne sert presque à rien. Et donc les artistes présents, dont certains qu’on aime bien, nous ont vu à l’œuvre et ils ont kiffé. Et c’est bien car ça nous a ouvert des portes et on a pu créer des connexions.

Les Gamal avec le rappeur et chanteur T Kimp Gee

« Ne pas perdre ça veut dire être excellent dans notre taf »

W: Vous allez participer à la « World of Dance » le 28 juillet à Los Angeles, dans quel état d’esprit vous abordez cette grande compétition internationale ?

C’est un rêve qui se réalise d’une certaine manière. Il y a 4 ans, on se disait qu’il fallait qu’on fasse cette scène… et maintenant, nous sommes si proche…. L’état d’esprit frère c’est simple : donner le meilleur de nous même. On n’y va même pas dans l’optique de gagner, on y va dans l’optique de ne pas perdre. Pour nous ne pas perdre ça veut dire être excellent dans notre taf. Parce que tu peux gagner et être nul. Ne pas perdre c’est gagner aux yeux du public et de nous même.

Montrer au monde ce que tu vaux, c’est plus passionnant que juste gagner. D’ailleurs à notre dernière grande compet en Allemagne la « Dance Delight », on a fini que 2ème car on s’est tellement mis la pression que notre punchline, notre prise de risque qui aurait validé notre première place on l’a échoué. La veille, impossible de le réussir, alors que deux heures avant on le passait clean. Blocage mental.

W: Quels conseils vous donneriez à ceux qui veulent devenir danseurs pros comme vous ?

Emerick : Dans la vie il y a deux formes de souffrance : la souffrance car tu as abandonné, et la souffrance de persévérance. A toi de choisir…

Loïck : je vais viser plus large et donner un conseil aux personnes qui veulent réussir : utilisez votre peur pour ne pas échouer. Si t’as peur de tomber, tu feras tout pour ne pas tomber, tu vois l’idée ? La confiance en soi aussi c’est important. Et puis si tu as la chance d’être soutenu, par ta famille et tes parents, alors tu as déjà gagné. Donc les parents, soutenez ! En gros, lâchez rien ! Vous êtes entièrement responsables de l’accomplissement de vos rêves…

« Nos projets futurs c’est toujours d’exceller »

W: Pouvez-vous nous dire quels sont vos projets à venir ?

Non on n’a pas envie, on te dit pas (rires) !

Nos projets futurs c’est toujours d’exceller, de montrer de nouvelles choses et d’innover. On a beaucoup de projets vidéos avec des artistes. Cette année a été assez compliquée, on est souvent arrivés deuxièmes en compet, à cause notamment des blessures mais aussi parce qu’on pense qu’on n’a pas été assez rigoureux. Pour nous c’est inadmissible de notre part donc on espère progresser sur ça. Mais ce sont des expériences qui nous permettent de monter toujours plus haut.

W: Merci Les Gamal ! On vous souhaite le meilleur. Un mot de la fin ?

Merci pour toutes les personnes qui nous boostent… Tchimbé raid pa moli ! La Guadeloupe wa konet nou ansanm !!!

Pour en savoir plus sur Les Gamal, vous pouvez les suivre sur leur site,  sur leurs réseaux facebook et instagram, ou les contacter par mail.

Les Gamal – Freestyle Forest

Les Gamal – Freestyle Forest 🌞🌙Petite vidéo "posée" CHiLL Hiphop pour clôturer les vacances#lesgamal #freestyle #hiphop #connexions #justedukiff #justeduhiphop #justequelanatureVideo By : N ZOO🌳🌲🌄

Publiée par Les GAMAL sur Lundi 28 août 2017

Commentaires

Scroll to top