Le Beatbox va-t-il (enfin) sortir de l’ombre?

Le beatbox connait depuis quelques années une grande popularité sur le terrain, surtout en France. Pourtant, cet art a du mal à occuper le haut de l’affiche. Eléments d’explications. Image associée

Qui n’a jamais essayé de chauffer ses potes en mettant ses mains devant sa bouche pour tenter de lancer un flow ? Sauf qu’à part postillonner, le résultat est souvent foireux. De quoi se rendre compte que les mecs qui font du beatbox méritent un immense respect. En plus d’être des techniciens hors pairs, la dimension show et spectacle est toujours au rendez-vous. La France est même championne du monde de cette discipline. Des gars comme MB14 font des 20 millions de vues sur Youtube. Toujours relégué en seconde zone après le rap ou le graff, le boycott médiatique dont semble faire l’objet le beatbox n’a pourtant pas toujours existé.

En effet, il faut savoir que le Beatbox a connu son heure de gloire. Il apparaît dans le ghetto new-yorkais dans les années 70, peu après les débuts du mouvement hip-hop. Inspiré du Jazz et notamment du Scat, il permet l’imitation avec la bouche de la grosse caisse et de la caisse claire pour accompagner les scratchs et le sampling. Il donne l’occasion aux MC’s pauvres qui ne peuvent pas se payer d’instruments ou de platines de vivre leur passion. Dans les années 80, le groupe Fatboys connait un immense succès.

Et tandis que de plus en plus d’artistes surfent sur le succès du beatbox comme un certain Michael Jackson, cette discipline sort réellement de l’underground avec Rahzel, membre du groupe The Roots. Le genre évolue et les imitations d’instruments n’ont plus de limites. En France, Rahzel encore inconnu, se produit à la télé avec IAM et fait un raz-de-marée chez les jeunes. Émergent alors des groupes comme Saian Supa Crew qui connaissent un succès médiatique juste énorme.

Mais malgré une structuration du mouvement avec la création en 2006 du premier championnat du monde, puis du premier festival en 2007, le soufflet médiatique retombe. Car le Human beatbox reste encore assimilé à un truc de banlieue, et avec le développement des nouvelles technologies numériques, auto-tune et autres, le beatbox a une image dépassée. Mais raisonner ainsi c’est nier l’engouement que suscite toujours le beatbox avec des pratiquants venant de tous horizons.

Peut-être manque t-il encore une figure emblématique qui pourrait porter haut le beatbox, comme dans ses grandes heures, vers la lumière et le feu des projecteurs.

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