Milan C. jeune chanteur de 23 ans, nous a reçu à la cool pour parler de lui, de sa musique et de la sortie de son dernier titre « Noir ». Vous êtes peut-être déjà tombé sur un de ces clips ou l’avez déjà vu sur scène. Aujourd’hui, on vous propose de le découvrir un peu plus.

Parle-nous un peu de toi et ce qui t’a conduit au chant.

J’ai toujours baigné dans la musique, ma mère était chanteuse professionnelle, elle a fait des comédies musicales, sorti des albums ou encore les francophonies de La Rochelle donc depuis petit je vois passer des musiciens à la maison et dès que y’a une soirée ça part toujours en impro. Fin collège/début lycée je sympathise avec un ami de ma mère qui lui vient du rap et on s’est dit qu’on allait essayer des trucs donc on a commencé à écrire, à enregistrer puis on a testé en sortant des petits trucs pour voir la réception du public. J’y ai pris goût  et j’ai commencé à avoir une vision plus carrée donc j’ai bossé ma voix et j’ai intégré une chorale, par exemple le dernier Zenith de Kery James on l’a accompagné. En 2016, je me suis lancé dans la compo parce que j’en avais un peu marre de chercher des prod’ à droite à gauche ce qui m’a amené à sortir mon premier projet en Mai 2017, que j’ai entièrement composé et écrit.

 

Qu’est-ce qui t’inspire pour écrire ?

C’est assez large ! Y’a des choses liées à ma vie, mes amies, mon entourage ou moi-même.  Je regarde le monde qui m’entoure, une scène choquante peut m’inspirer. Après ça peut être un film comme pour le titre « John Q » inspiré du film du même nom, je suis parti de cette histoire que j’ai retranscrite musicalement.  J’ai pas de source d’inspiration première. Ca peut se faire aussi en fonction des prod’. Je bosse avec un Megui qui est mon réalisateur et mon manager , Oris qui est producteur, il fait toute mes prod’ et Loïc qui lui a une  vision de directeur artistique. On va travailler plus en profondeur sur notre univers à partir d’une prod’ et chacun est susceptible d’apporter une idée.

 

Dans le titre John Q dont tu nous parlais,  tu abordes le sujet de la maladie. Comment cela a été reçu par ton public ?

Le titre a été bien reçu, surtout en live. Ce que je préfère dans le musique c’est le live après tout le processus créatif qu’on va faire en studio est cool parce qu’on part de rien et on aboutit à un vrai projet mais en live c’est plus intéressant parce qu’on a une vraie réception et à chaque concert qu’on a fait j’ouvrais avec « John Q » et ça mettait toujours dans un mood assez positif. On parle d’une thématique difficile mais on réussi à fédérer. Les gens viennent me voir pour me dire que c’est pas commun d’entendre parler de ça mais que ça leur fait du bien parce qu’on essaye de parler de choses qu’on entend pas forcément à la radio par exemple où les thématiques sont souvent les mêmes. Je trouve ça intéressant de parler de choses qui me marquent grâce à la musique, à côté je suis bénévole pour l’association APIPD qui se mobilise pour les personnes drépanocytaires. J’ai une certaine proximité avec tout ça et c’est vrai que je me suis demandé comment le titre allait être reçu puisque le sujet n’est pas entraînant mais les gens ont l’impression de vivre l’histoire et c’est ce que je recherche.

 

Ton dernier titre s’appelle « Noir », on te sent assez mélancolique. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ce qu’il se cache derrière ce titre ?

Pour tout te dire la mélancolie je l’ai ressentie directement quand Oris a fait cette prod’. Avec OrisLoic et Megui on s’est enfermés pas mal ces derniers mois et on a beaucoup bossé sur l’univers musical qu’on recherchait pour les prochains projets. On était entrain de bosser sur un autre son qui n’avait rien à voir, plus lumineux. On a écrit ce titre avec Megui, on était dehors dans le froid comme des shlag et depuis plusieurs semaines il me disait « dès que t’as une idée note la ». J’avais une phrase c’était « Aucune lèvres ne savent mentir aussi bien que les tiennes » et à partir de là on a commencé à approfondir. Et quand on a écouté le tout on s’est dit que c’était assez mélancolique et ce qui était drôle c’est qu’on avait tout sauf les refrains et c’est une fois en studio avec Oris et Loic qu’instinctivement je suis parti sur ces paroles qui ont donnée une histoire d’amour alors qu’à la base c’était pas du tout le cas. Le noir évoque le sentiment de perdition et on a travaillé sur une suite qui devrait arriver.

 

Qu’elles sont les personnes qui t’influencent ?

C’est très compliqué ! Je suis assez éclectique. J’ai baigné dans la musique afro-américaine donc la soul, le jazz, le blues, le RnB et le rap. Et depuis quelques années je me suis ouvert à des musiques lounge, pop ou des chansons à texte. C’est difficile de citer des artistes, pendant un moment sur la scène française Monsieur Nov m’a beaucoup parlé, ou y’a des mecs plus dans la prod qui m’inspirent beaucoup Sango par exemple, ou Nao, dès quelle fait un truc je suis amoureux ! Majid Jordan aussi, il m’inspire. Dans son flow y’a un côté RnB et dans sa présence y’a une touche un peu pastel,  c’est pas une pop qui pétille c’est plutôt sombre et ça me parle beaucoup.

 

Et toi, comment tu définis ton style ?

J’ai toujours dit que j’étais un chanteur Rnb, mais en réalité je pense que c’est plus vraiment le cas. On a enregistré plusieurs sons qui sont moins fermés. Je m’ouvre à des univers un peu plus pop. Mais j’aime pas trop rester sur une étiquette parce que j’ai envie de faire la musique que j’aime et si un jour j’ai envie de prendre une musique avec un gros solo de guitare électrique, ou choisir des petites rythmiques méga ensoleillées, si ça me fait kiffer je vais le faire.

Dans tes clips on sent une réelle démarche, est-ce que tu penses qu’aujourd’hui la musique s’écoute autant qu’elle se regarde ?

Je pense qu’aujourd’hui la musique se regarde plus qu’elle ne s’écoute ! A l’époque de Myspace j’aimais bien découvrir des sons comme ça et que tu trouvais nulle part ailleurs, on n’avait pas besoin de voir, on rentrait dans la vibe.  Au fil du temps, notamment avec Youtube qui a pris une grosse part dans l’industrie de la musique, même Facebook aujourd’hui, tu peux sortir un titre qui est une réelle bombe si tu n’as pas de visuel à coté c’est très difficile de le faire émerger. A part si t’es Childish Gambino, le mec sort un son sans aucun clip et pourtant il est premier pendant des mois. Mais c’est rare, souvent le clip nous fait aimer la chanson. L’image a un gros impact sur notre perception de la musique et c’est pour ça qu’avec Megui dès qu’on décide de faire un clip on travail un scénario qui reflète la musique. On veut vraiment créer un accord pour fausser l’idée qui veut, bien que je la partage, que la musique se regarde plus qu’elle ne s’écoute.

 

Donc il y a une plus-value marketing…

Ouais clairement ! Parce qu’aujourd’hui tu buzz avec de la vidéo et pas seulement avec du son ou il faut déjà avoir un nom. Damso sors un son à deux heure du mat’ ça va buzzer parce que c’est Damso et qu’il a déjà sa sphère. Il y a évidemment le facteur qualité qui rentre en compte. Mais moi aujourd’hui en tant que Milan j’ai pas le nom qui me permettrait de faire le bruit attendu en sortant un son comme ça. J’espère que ça arrivera ! Mais aujourd’hui c’est pas le cas donc on se concentre beaucoup sur l’image.

 

Pour ceux qui veulent te suivre, tu peux nous parler de tes projets futurs ?

On a bossé sur pas mal de nouveautés qu’on va bientôt proposer. On va être très présents dans les mois prochains avec du contenu vidéo, ça rejoint ce qu’on disait tout à l’heure et puis on sort aussi des petites vidéos un peu plus lifestyle pour montrer comment on bosse. Et il y a le live, grâce auquel il y a un réel partage. On travail sur des trucs plutôt cool et ça prend forme donc j’espère que le titre « Noir » donne envie.

 

Le mot de la fin ?

2018 sera pour nous !

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